Revue de réflexion politique et religieuse.

En librairie : numéro courant

Numé­ro 161 : Crise finale du libé­ra­lisme ?

On pré­sente cou­ram­ment la longue période qui suc­cède aux Trente Glo­rieuses comme celle de la post­mo­der­ni­té, dont les inter­pré­ta­tions, après le « lan­ce­ment » de la notion par Jean-Fran­çois Lyo­tard[1], n’ont ces­sé de varier. À l’orée des années 1990, Fran­cis Fukuya­ma avait tiré cer­taines des consé­quences logiques de la carac­té­ris­tique prin­ci­pale de cette période « nou­velle » – la fin des méta­ré­cits, pour reprendre les termes de Lyo­tard, c’est-à-dire de la croyance aux idéo­lo­gies et en leur carac­tère struc­tu­rant pour la socié­té –, en annon­çant la fin de l’histoire, par le triomphe défi­ni­tif de la moder­ni­té libé­rale, deve­nue désor­mais la civi­li­sa­tion uni­ver­selle. Trente ans plus tard, bien que consta­tant que « le fait que le libé­ra­lisme ait gagné ou non est beau­coup plus incer­tain », il main­te­nait ne pas voir de « forme supé­rieure de civi­li­sa­tion qui ne soit pas fon­dée sur la démo­cra­tie libé­rale », ni de stade d’évolution supé­rieure vers laquelle nous nous diri­ge­rions[2].

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La revue en ligne

6 Juil 2025

Abbé Pierre Marie Berthe : 1700 ans après Nicée : quelques leçons du Concile

En 325, le concile de Nicée, convo­qué par Constan­tin, rati­fiait une pro­fes­sion de foi et vingt canons dis­ci­pli­naires. Plu­sieurs aspects de ce Concile et de sa récep­tion com­pli­quée méritent réflexion au regard de la vie de l’Église aujourd’hui : la déter­mi­na­tion de l’autorité à res­tau­rer l’unité, la lutte contre l’hérésie, la prio­ri­té accor­dée à la doc­trine, l’attention por­tée à la digni­té du cler­gé et la struc­ture hié­rar­chique de l’Église, le dan­ger des ingé­rences exté­rieures et des com­pro­mis doc­tri­naux, le témoi­gnage ren­du à la véri­té en période de crise. (suite…)

27 Mai 2025

Bernard Dumont : La royau­té du Christ, genèse d’un déclas­se­ment

Sur le der­nier ouvrage de Juan Fer­nan­do Sego­via. 

L’auteur, déjà connu de nos lec­teurs, a mal­heu­reu­se­ment quit­té ce monde au cours de ce mois de mai 2025. Le pré­sent texte[1] est l’un de ses der­niers tra­vaux, offrant la syn­thèse d’une série de contri­bu­tions à des publi­ca­tions col­lec­tives sur le dogme de la royau­té du Christ, spi­ri­tuelle et tem­po­relle indis­so­cia­ble­ment. Il com­mence par une défi­ni­tion de la royau­té sociale du Christ, cen­trée sur l’encyclique de Pie XI, Quas Pri­mas, dont on célèbre le cen­te­naire cette année. Puis il mène une ana­lyse des prin­ci­pales néga­tions de ce concept, logiques dans l’esprit du pro­tes­tan­tisme et du libé­ra­lisme, moins logiques mais tout aus­si intel­li­gibles dans les ten­ta­tives suc­ces­sives d’accepter l’état de fait au sein de l’Église, moins logiques encore dans cer­tains milieux où l’on ne l’attendrait pas, en l’occurrence les quelques groupes de catho­liques adeptes du « spi­ri­tuel d’abord » s’affairant à cam­per ensemble loin des affaires du monde, don­nant ain­si forme à un « com­mu­nau­ta­risme catho­lique » – ou son pen­dant clé­ri­cal, une « hié­ro­cra­tie ». Vient enfin une ana­lyse des effets de la crise liée à Vati­can II, le prin­ci­pal étant de vider de sens le dogme de la royau­té du Christ exal­té il y a main­te­nant un siècle. (suite…)

27 Mai 2025

Denis Mestre : Saint Tho­mas, Michel Vil­ley, et… René Girard

Doc­teur en phi­lo­so­phie et en droit, Paul Dubou­chet a été maître de confé­rences en droit public à l’U­ni­ver­si­té des Antilles et de la Guyane puis à l’U­ni­ver­si­té de Corse. Ses écrits ont d’abord por­té sur l’histoire des idées poli­tiques, la théo­rie et la phi­lo­so­phie du droit avant d’aborder plus spé­ci­fi­que­ment la pen­sée de René Girard. L’objet de son der­nier ouvrage[1] n’apparaît pas clai­re­ment de prime abord : si le sous-titre laisse entendre qu’il s’agit d’un hom­mage à Michel Vil­ley, le titre évoque une ana­lyse de la pen­sée d’Aristote et de Saint Tho­mas dans l’histoire de la pen­sée juri­dique. L’introduction très brève (2 pages) ne cla­ri­fie pas tel­le­ment le pro­pos. L’auteur y indique vou­loir don­ner un aper­çu de l’« œuvre immense » de Michel Vil­ley à tra­vers une relec­ture de son der­nier ouvrage (Ques­tions de Saint Tho­mas sur le droit et la poli­tique, Puf, 1987), com­plé­tée par quelques articles choi­sis. À ce stade de la lec­ture, on ne voit pas pour­quoi l’auteur limite son pro­pos à ces quelques textes au lieu de pro­cé­der à une ana­lyse com­plète de la pen­sée de Michel Vil­ley. Et l’on ne sai­sit pas le rap­port direct avec la pen­sée d’Aristote et de saint Tho­mas à laquelle se réfère le titre de l’ouvrage. La suite de la lec­ture ne cla­ri­fie pas tel­le­ment le pro­pos. On alterne entre les ana­lyses d’histoire de la pen­sée juri­dique propres à l’auteur, la para­phrase des textes de Michel Vil­ley, de saint Tho­mas ou d’Aristote et la mise en rela­tion de ceux-ci avec une grande varié­té de phi­lo­sophes. (suite…)

21 Jan 2025

Dom Giulio Meiattini : Décons­truc­tion de la famille. Un exemple de sophisme argu­men­ta­tif

Depuis quelque temps, le thème de la famille est au centre de dis­cus­sions et d’études, de contro­verses poli­tiques pas­sion­nées et d’informations dra­ma­tiques. Sur la vague de ces débats scien­ti­fiques et de ces études appro­fon­dies, de pres­sions cultu­relles, et sou­vent de mani­pu­la­tions média­tiques, l’affirmation selon laquelle il n’existe pas de type de famille unique ou natu­relle devient de plus en plus fré­quente, dans la mesure où les modèles de l’institution fami­liale, les images men­tales et les réa­li­sa­tions cultu­relles qui s’y rap­portent sont mul­tiples, à la fois dia­chro­niques et géo­gra­phi­que­ment syn­chrones, et conti­nuent de chan­ger, à un rythme accé­lé­ré, dans diverses par­ties du monde.

À par­tir de pré­misses empi­riques (four­nies par la socio­lo­gie, l’anthropologie cultu­relle, l’histoire), on conclut que les réa­li­tés dési­gnées chaque fois par le terme « famille » seraient tel­le­ment hété­ro­gènes que l’usage du sin­gu­lier pour les dési­gner serait inap­pro­prié. Seules des « familles », au plu­riel, exis­te­raient, ou encore ce que l’on appelle « famille », si l’on veut, se pré­sen­te­rait sous des formes si nom­breuses et si variées qu’il serait impos­sible de la réduire à une idée unique et de vali­di­té uni­ver­selle. (suite…)

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